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Site non-officiel dédié à "Cobra the Space Pirate"
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"Cobra the Space Pirate"


Ecrit par Arion, Joe Gillian

Akio Sugino (杉野昭夫)


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Le duo "Black Jack" de Tezuka Production

En 1991, Akio Sugino signe le chara design de la série italo-japonaise Reporter Blues (TMS, Rai, Rever), aux côtés notamment de Marco et Gi Pagotto (Sherlock Holmes). Puis, de 1991 à 1997 s'ouvre alors une période de collaboration quasi-exclusive entre Sugino et Dezaki, avec pour commencer Onii sama e... ("Très cher frère", 1991-92) une très jolie série de Riyoko Ikeda (Versailles no Bara) pour Tezuka Production. A noter que c’est la célèbre auteur elle-même, après avoir fortement apprécié le travail réalisé sur la 2nde moitié de Lady Oscar, qui a demandé à ce que ce soit Dezaki qui réalise la série, et personne d’autre. Débutera alors l'ère Black Jack, avec les 6 premières OAV du médecin solitaire et balafré (Toujours chez Tezuka Prod, 1993-1996, character design), ainsi que le film éponyme (1996), l'OAV americano-japonais Sword For Truth (Tôei Animation, 1996), la série Hakugei Densetsu ("La légende de la baleine blanche", Image K, 1997) et les 26 épisodes de la série biblique Tezuka Osamu no kyûyaku seisho monogatari - In The Beginning de Tezuka Production, dont Dezaki était directeur technique.

Onii sama e...
Onii sama e...


En 1997, Sugino fait une brève infidélité à son complice pour travailler sur le nouveau film de Jungle Taitei, réalisé dans le but avoué de rappeler au public les véritables origines du Roi Lion. Ils se retrouveront cependant l'année suivante à l'occasion de l'OAV Golgo 13 : Queen Bee (character-design et direction de l'animation) pour la TMS, où l'assassin Golgo 13 est engagé pour mettre un terme à la vie d'une meneuse de guérilla en Amérique du Sud, la mystérieuse Queen Bee. Suivront enfin 4 nouvelles OAV de Black Jack, toujours chez Tezuka Production, nous amenant au début des années 2000. Après une longue pause (tout du moins je n’ai rien trouvé durant cette période), on retrouve Sugino en 2003, crédité au poste de direction de l'animation et de co-réalisateur avec Fumihiro Yoshimura (Lady Lady !!, Black Jack, Jungle Taitei 97) du film Boku no Son Gokû, une nouvelle adaptation de Tezuka, basée sur la fameuse légende chinoise du Roi des Singes. Puis il sera à la direction de l’animation de quelques épisodes de la série TV de Hi no tori (Le Phénix), en mars 2004. Il influe également visiblement sur le character-design global de cette très belle série.

Black Jack
Black Jack


En 2005, notre homme retrouve son ami de toujours, Osamu Dezaki, pour la série Yuki no Joô (La Reine des Neiges, 36 épisodes) pour TMS, dont il assure le chara-design. Toujours produite par TMS, la série sera diffusée jusqu’en février 2006 sur la chaîne NHK. Par la suite, notre homme se fait un peu plus discret à nouveau (il n’est plus tout jeune non plus) mais pourtant, en 2008, il revient à nouveau aux côtés de Dezaki, pour plusieurs projets globalement courts. Ce sera tout d’abord la série futuriste Ultraviolet : Code 044 (chez Madhouse, 12 épisodes), où il occupera le poste de character-designer. Une série qui sera diffusée entre juillet et septembre 2008. Puis à partir de janvier 2009, notre duo préféré œuvre sur une autre histoire, Genji Monogatari Sennenki (Tezuka Production, 11 épisodes), qui adapte le roman célèbre original. Dezaki est bien entendu à la réalisation et Sugino au chara-design et la direction de l’animation. Les scénarii sont supervisés par Dezaki et Tomoko Konparu (Lamu). Enfin il était prévu que les deux hommes travaillent à nouveau sur les nouvelles adaptations de Cobra ! Cela aurait pu être une formidable nouvelle pour tous les fans, mais au final cela ne se fera pas.

Ultraviolet : Code 044
Ultraviolet : Code 044


Akio Sugino a fêté en septembre 2014 ses 70 ans. Si depuis le début des années 2000, il se faisait tout de même fort logiquement un peu plus discret (outre le fait qu'il est agoraphobe), on le retrouvait encore avec plaisir, avec son ami de toujours, Osamu Dezaki. Le décès de ce dernier en 2011 a en tout cas rendu notre homme encore plus discret ces dernières années...

Toujours est-il qu’après plus de 50 ans de bons et loyaux services, Sugino est incontestablement rentré dans le cercle très fermé des grands noms de l’animation japonaise, avec Dezaki bien entendu.



Akio Sugino en bref

Son auteur favori est Shûgorô Yamamoto, et le mangaka qu’il admire le plus est Tetsuya Chiba. Il avoue d’ailleurs que son travail et son style sont influencés par les œuvres de Morimi Murano et Tetsuya Chiba. Il éprouve un profond respect pour Akira Kurosawa. Il aime les chats et la mer, sa couleur préférée est le bleu et celle qu’il déteste, le violet. Sa saison de prédilection est l’automne, il éprouve une sorte de phobie des fleurs de cerisiers qui tombent à peine épanouies au printemps. Enfin, son sport favori est le Baseball (qui est ceci dit le sport nationnal au Japon). Dans le "TMS Super Data Files", une interview de 2 pages est présente où l'on peut également y apprendre quelques petites anecdotes : à propos de Rémi, le personnage de Vitalis est l'un de ses préférés, et pourtant le producteur Fujioka n'aimait pas son design, le trouvant effrayant. Sugino lui, trouvait en Vitalis une grande tendresse malgré son aspect peu commode. Dans cette même interview, Sugino raconte qu'il a du mal à dessiner les gros personnages comme Trelawney (l'île au Trésor) ou les jolies femmes (Ha bon ? J'aimerai avoir autant de mal que lui, alors ^^)...


Akio Sugino et Osamu Dezaki



Le style Sugino

Akio Sugino se consacrera d’emblée dans un style bien reconnaissable : le gekiga. Un style employé par d’autres characters-designers, mais que Sugino va sublimer, jusqu’à en devenir très certainement (c’est du moins mon avis) le principal représentant durant au moins 2 décennies au Japon. Le gekiga, c’est un style qui se veut très réaliste en ce qui concerne les personnages : ils sont stylisés, grands et élancés, pourvus d’attributs mis en valeur par le dessinateur ; Sugino sait en effet créer ce que l'on surnomme communément des "gueules", à savoir des personnages au charisme impressionnant, qu'ils soient héros ou ennemis les hommes sont athlétiques, les femmes sensuelles et plutôt "occidentales" (rappelant beaucoup les superwomen des comics). Le jeu des yeux, cils et sourcils dessinés avec un soin méticuleux pour donner des regards perçants aux personnages ajoute encore à l’expressivité des visages. Les cheveux, souvent frisés ou en bataille, se retrouvent dans des coiffures abracadabrantes, mais séduisantes, et sont toujours animés de façon très réaliste. Les grandes bouches aux fines lèvres s’accordent parfaitement avec le jeu expressif des yeux. Les personnages principaux ont souvent un nez grec, et les personnages secondaires, un nez fuyant. Les méchants sont assez caricaturaux avec leurs mentons crochus et nez "véruqueux". Les lumières et les ombres sont traitées avec une grande souplesse. En bref, le gekiga, et plus particulièrement le style d’Akio Sugino, se définit par l’élégance de son trait, l’expressivité de ses personnages et la singularité de ses jeux d’ombres. Enfin, trait caractéristique d’Akio Sugino : ses dessins crayonnés de toutes beautés qu'Osamu Dezaki exploite à merveille à chaque moment fort dans une scène.




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